La mousson à Bombay.
Un phénomène saisonnier récurrent, qui fait les délices et les affres des Indiens et des expatriés de Bombay ? La mousson. Quelques indications pourront vous être sûrement utiles pour comprendre de quoi il retourne réellement pour savoir à quoi vous attendre (un article sur les conséquences de la mousson à Bombay ICI).
Qu’est-ce que la mousson indienne ?
Allez, un peu de courage, c’est aux programmes de 6ème et de 5ème…
Un élément fondamental, c’est que la mousson est une affaire de vents et non de pluie. C’est déjà une première mise au point, et nous devrions parler des alizés, de la force de Coriolis et autres modifications des trajectoires de l’air équatorial.
Mais je sais que ce qui t’importe c’est de savoir pourquoi il va falloir scruter le ciel chaque matin en te demandant si oui ou non ton maquillage/ton beau costume tiendra la journée, je vais quand même te parler de la pluie… Et si j’écris “mousson indienne”, c’est qu’il y a d’autres moussons, d’autres systèmes de vents qui modifient le climat de manière saisonnière dans d’autres pays. Et il y a même Pont-à-Mousson, mais c’est une autre histoire.
Le fonctionnement.
Deux points importants pour la mousson d’été indienne : le continent indien est surchauffé en été, je ne t’apprends rien ; l’air chaud monte, la terre devient donc une zone de basses pressions. Et comme la nature n’aime pas le vide (et moi non plus d’ailleurs), l’air qui se trouve autour y est aspiré. Et pourquoi pas l’air humide venu de l’Océan Indien. Au même moment, tiens-toi bien, le jet-stream, ce courant d’air bloqué par la barrière himalayenne passe tout à coup les montagnes, créant un second appel d’air : le front intertropical chargé d’humidité remonte, et dès qu’il bute contre des montagnes, se déverse sur les terres avoisinantes. D’où les fortes pluies saisonnières sur le sud-ouest de l’Inde qui, sans les Ghats occidentaux, seraient allés se balader sur le plateau du Deccan ; d’où, encore, les pluies sur la vallée gangétique car la masse nuageuse ne peut passer l’Himalaya et se déverse donc sur ses contreforts. C’est beau, non ?
Prévoir la mousson ? Mouahahahahahah !
La conséquence est que ce phénomène n’est guère prévisible, en termes de date et de quantités d’eau déversée,. Chaque année, les anciens, les gurus et les astrologues entament une série de calculs prévisionnels, de calendriers plus ou moins validés par les services météorologiques, et il semble que chaque année tout le monde soit un peu à côté de la plaque.
En 2008, la mousson avait été relativement faible, et la mousson 2009 a été annoncée comme très forte ; jusqu’à maintenant, il s’avèrerait que la sécheresse en Inde est terrible. Comme quoi…
La seule certitude, c’est qu’en cette période où il peut pleuvoir beaucoup, il est fort probable que seules les régions de l’Andhra Pradesh et du Karnataka seront un peu plus épargnées par les pluies. Une bonne chose à savoir si tu as envie d’aller vadrouiller un peu depuis Bombay ou si tu comptes voyager en Inde en été.
La mousson d’hiver indienne.
La mousson d’hiver indienne ? Elle a lieu entre septembre et novembre, et correspond à un autre système de vents. Venus du nord-est, aidés par la baisse des température et par l’anticyclone de Sibérie, les alizés se dirigent vers le Golfe du Bengale où les nuages se chargent d’humidité. Ils viennent alors buter contre le relief du sous-continent indien où ils se déversent sur le Tamil Nadu.
Visualiser pour comprendre.
Et parce que toute explication appelle un petit schéma, qui lui-même ne vaut strictement rien sans explication, voici voilà : sur ce schéma de la mousson indienne d’été, on voit bien le trajet que suivent les vents de mousson (flèches) et le déversement de l’humidité sur deux zones principales (zones hachurées). Du fait du trajet de ces vents et du relief, les pluies tombent donc d’abord nécessairement sur le sud-ouest (obstacle des Ghats occidentaux) puis les nuages, plus légers, reprennent de l’altitude pour se recharger sur le Golfe du Bengale d’humidité et se déverser à nouveau sur la plaine gangétique.
Carte extraite du “Dictionnaire thématique histoire géographie”, Paris, Sirey, 2002, p. 50.
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Mise à jour : 26/08/09.
Mise à jour : 25/08/09.






