Passage to Mumbai

Le guide pour s'installer et vivre à Bombay

William Sutcliffe, “Vacances indiennes” : lecture de vacances…

Vacances_indiennes Un peu de légèreté. Le parti pris de Vacances indiennes ? Montrer ce qu’est voyager en Inde pour un jeune Anglais, pas du tout préparé à cette aventure. Pour faire court, Dave suit Liz dans ce pays qu’elle rêve de découvrir, lui ce n’est que le corps de la demoiselle qui l’intéresse. Au travers de ses aventures désastreuses en Inde, il découvre un pays et se découvre lui-même.

Ce n’est pas très original, c’est sûr : on est en plein dans la veine du roman d’initiation, et quel pays plus initiatique que l’Inde. A vrai dire, l’initiation ne fonctionne que sur le papier car les personnages n’évoluent pas réellement non plus que le contenu du livre n’apporte de réflexion approfondie. On pourrait dire qu’il s’agit plus d’un instantané sur l’état du tourisme en Inde, héhéhé ! Et c’est en ça que ce roman recèle un certain intérêt.

La quatrième de couverture nous propose un commentaire paru dans Elle, qui brille encore par son incongruité : non, ce n’est pas “une satire décapante d’une société anglaise étriquée, égocentrique et imbue d’elle-même“. C’est la satire de TOUS les touristes qui se rendent en Inde, soyons honnêtes, et peut-être encore plus des touristes français qui y sont très nombreux (j’ai eu l’impression de retrouver à peu près tout ceux que j’ai croisés à Pondichéry…). Et c’est aussi et surtout la satire sans concession, avec beaucoup de fraîcheur et de sourires tout de même, de ce pays déconcertant par plus d’un aspect et d’une industrie touristique ahurissante de possibilités et consternante de médiocrité (guides, hôtels, transports, conservation patrimoniale…).

La sauce prend, non que le style prétendument parlé ait un quelconque intérêt littéraire, mais parce qu’en vivant en Inde et en y voyageant il est absolument délicieux de découvrir les aventures du jeune Dave dans ce qu’elles ont d’absolument réalistes. Et j’imagine qu’elles sont aussi très intéressantes pour quelqu’un qui a envie de s’y rendre… Tout y passe : la prétendue découverte de soi, les ashrams et les yogi, le mysticisme aigu qui en saisit plus d’un à la descente de l’avion, l’état désastreux des sanitaires ou des transports et l’absence totale d’intérêt de nombre d’endroits réputés in-con-tour-nables !

Morceaux choisis :

- “L’aéroport de Delhi, c’était… à peine croyable. Une telle multitude de gens ne pouvait pas s’entasser dans un espace aussi petit sans finir par se bouffer les uns les autres” ;
- “Et partout où je portais le regard, ils étaient des centaines … à se gueuler après, me hurler de “prendre taxi”, “manger très bonne nourriture” ou” téléphoner longue distance pas cher” ;
- “Comment un pays pouvait-il fonctionner dans de telles conditions ?“. Dave parle de la chaleur ; j’ajouterais “et pas que…” ;
- “ – Mais t’as jamais été végétarienne, je lui ai fait observer.
- Je le suis depuis mon arrivée ici, elle m’a répondu. C’est le meilleur moyen de rester en bonne santé. Manger comme les gens du pays. De la nourriture indigène
“.- “- Si tu te laisses emmerder par tous les mendiants, tu finiras par te flinguer. Tu dois te défaire de tes préjugés occidentaux sur la richesse matérielle et aborder la situation comme les Indiens.
- Et comment ils l’abordent, la situation, les Indiens ?

- Ils l’ignorent
“…

Et nombre d’autres réflexions trèèèèèès bien vues…


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